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 (Chapitre 4 d'un essai à paraître sur le Petit Prince de Saint-Exupéry. Vos commentaires sont les bienvenus ) La nuit des songes Dialogue entre le petit prince et René Descartes  Nous sommes en Allemagne dans la région de Ulm, novembre 1619. Un jeune soldat français âgé de vingt-trois ans vient de quitter Francfort pour suivre la campagne du duc de Bavière, alors que la guerre de Trente ans débute à peine. Il faut froid et le jeune homme est seul. Il décide d’établir ses quartiers d’hiver dans ce qu’on appelle un « poêle », c’est-à-dire une pièce chauffée attenante à un conduit relié à une cheminée. Ce jeune homme, c’est René Descartes, celui que la tradition occidentale tient comme étant le « père » de la philosophie moderne. Dans la nuit du 10 au 11 novembre, Descartes fait trois rêves qu’il nota dans un cahier le lendemain à son réveil. Le jeune homme y précise qu’il s’agit de l’affaire la plus importante de sa vie . [1] À la suite de cette nuit onirique hors de l’o...

PETIT PRINCE, QUI ES-TU ?

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  PETIT PRINCE, QUI ES-TU ?       Un aviateur (Saint-Exupéry), échoué dans le désert, fait la rencontre étonnante d’un petit garçon blond sorti de nulle part. L’aviateur lui donne le nom de « petit prince ». Sous la plume d’Antoine de Saint-Exupéry, la rencontre de ces deux personnages donne lieu à un conte , Le Petit Prince . Publié en 1943 à New York, Antoine de Saint-Exupéry disparaîtra un an plus tard, le 31 juillet 1944, lors d’un d’une mission de reconnaissance au-dessus de la France. Pourquoi un conte , et pas plutôt un roman, une nouvelle ou un essai ? Les contes appartiennent à une forme littéraire précise, celui du merveilleux, du fabuleux, du magique et de l’imprévisible. Au XXe siècle, les contes se font plutôt rares, ils remontent à l’Antiquité et se poursuivent jusqu’à l’époque romantique. Le rationalisme des Lumières mit un holà sur les contes. C’est que la Raison (les Lumières) cohabite assez mal avec le Merveilleux. Qui dit Raison, dit cons...

Les cas de l'abbé Pierre et de Gérard Depardieu

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    I   Les révélations récentes, troublantes, touchant les exactions de nature sexuelle de Henri Grouès alias abbé Pierre jettent l’émoi, non seulement dans tout l’Église catholique, ébranlent même les non-croyants. Cette icône de l’Église du Christ œuvrant toute sa vie pour les plus démunis, appelant à une « insurrection de bonté » dans une société florissante de l’après-guerre, prend une dimension plus que grotesque. Évidemment, il faut espérer qu’une large enquête systématique fasse la lumière sur ce triste personnage, monstre au double sens du terme : monstre sacré, pressenti de son vivant comme un saint ; monstre ténébreux, diabolique, aussi, oppresseur de pauvres femmes affligées par les difficultés du mal-logement dont le même monstre luttait pour améliorer le sort. Comme bien d’autres dans l’Église, je reste abasourdi, dévasté, sans mots pour qualifier ces conduites innommables, inqualifiables. Un profond état d’incompréhension m’envahi, me ...